Quand l’empreinte énergétique du stockage des données sera-t-elle légiférée ?

27-02-2023 | 6 | Archivage des données SAP, Décommissionnement des systèmes legacy, Durabilité, Gestion des données SAP, Gestion du cycle de vie des informations SAP

Cet article présente les mesures prises en France pour limiter l’empreinte carbone de l’économie numérique et explique pourquoi les données sont un pollueur invisible. Il montre également comment les organisations peuvent prendre des mesures pour réduire leur empreinte carbone numérique en gérant la croissance des données au moyen de stratégies efficaces. L’archivage des données SAP et les arrêts de systèmes historiques sont deux moyens puissants de limiter la croissance des données. Les objectifs de durabilité, ainsi que les objectifs environnementaux, doivent figurer à l’ordre du jour de chaque organisation.

La nouvelle loi française sur le climat, la loi REEN, a été adoptée en France en décembre 2021. Conçue pour remanier les secteurs des transports, du logement et de l’alimentation, elle comprend des dispositions visant à éliminer progressivement les véhicules polluants, à accélérer la rénovation des bâtiments énergivores et à limiter les déchets plastiques. Pourtant, les défenseurs de l’environnement critiquent cette loi qui ne serait rien d’autre que de l’écoblanchiment et affirment qu’elle ne va pas assez loin dans la réduction immédiate des émissions de carbone.

À certains égards, c’est vrai. Aucune disposition n’a été prise – pour l’instant – pour réduire l’empreinte énergétique des centres de données, pourtant ce secteur est un pollueur mondial invisible. Les centres de données consomment de grandes quantités d’énergie, plus que tout autre secteur industriel.

Selon l’ARCEP, l’autorité française de régulation des télécommunications, l’économie numérique représente désormais 3 à 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

Empreinte carbone et économie numérique en France

Selon le Sénat français, la chambre haute du Parlement français, l’économie numérique est une source importante d’émissions de gaz à effet de serre en France (15 millions de tonnes – 15 MtCO2eq), qui ont représenté les 2% des émissions totales de gaz à effet de serre en 2019. Si rien n’est fait pour limiter cet impact, ce chiffre pourrait augmenter considérablement dans les années à venir pour atteindre 6,7% en 2040, soit une croissance de 60%.

Heureusement, d’autres organisations ont commencé à prendre des mesures. L’ARCEP va commencer à mesurer l’impact environnemental des centres de données. Il constitue la première étape de la mesure de l’empreinte écologique numérique de la France.

Bien que certains affirment que la loi REEN n’est qu’un exemple de plus d’écoblanchiment, elle constitue au moins un pas dans la bonne direction et provient d’un pays connu pour son innovation dans le domaine réglementaire et juridique. C’est la France qui a conçu la TVA et cette taxe génère aujourd’hui des milliards pour les économies de l’UE. L’Agence française pour la transition écologique, l’ADEME, a également inventé l’inventaire carbone et, tout comme pour la TVA, d’autres pays suivront inévitablement l’exemple de la France avec la loi REEN et commenceront à introduire de nouvelles mesures et législations pour réduire l’empreinte carbone.

Nous avons déjà l’Accord de Paris signé par 196 parties, qui fixe des objectifs à long terme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter l’augmentation de la température mondiale. Plus récemment, la validité de cet objectif a été remise en question lors de la COP27, mais l’objectif reste en place.

Les États membres de l’UE ont également convenu de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40 %, d’augmenter la part des énergies renouvelables de 32 % et de réduire l’énergie totale utilisée au sein de l’UE de 32,5 %.

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La responsabilité incombe désormais aux entreprises

Ces objectifs signifient que la pression est désormais exercée sur les entreprises pour qu’elles réduisent considérablement leur empreinte carbone informatique. Les objectifs de développement durable, ainsi que les objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise (ESG), doivent devenir un élément clé de la stratégie à long terme de chaque organisation. Nous pensons que cela commence par la gestion du volume des données puisqu’en raison des initiatives de transformation numérique, les données augmentent à un rythme exponentiel et le stockage des données contribue également au réchauffement climatique. En outre, les nouvelles applications à forte intensité de mémoire augmentent les émissions de carbone.

Les données sont effectivement un pollueur mondial invisible en raison des grandes quantités d’énergie utilisées pour leur création et leur stockage. Selon les chiffres de l’étude « The environmental footprint of the digital world study » menée par The Green IT, en 2019, l’empreinte environnementale numérique mondiale était de l’ordre de :

« Agir de manière responsable pour limiter la croissance des données (inutiles et obsolètes) est un moyen évident pour toute organisation d’avoir un impact positif sur la réduction de l’empreinte carbone« , comme le souligne Thierry Julien PDG de TJC Group. Pourtant, de nombreuses organisations stockent des données obsolètes à leur insu – surtout si elles utilisent des applications anciennes – ce qui entraîne un gaspillage d’énergie qui, à son tour, contribue aux niveaux de CO2.

En contrôlant étroitement les niveaux de croissance des données, chaque entreprise peut contribuer à la réduction de son empreinte carbone, à long terme.

En outre, elles peuvent minimiser leurs dépenses d’exploitation (Opex) – les coûts d’hébergement sont également touchés par la forte inflation de nos jours et augmentent rapidement. La réduction des émissions de carbone va rarement de pair avec la réduction des coûts, alors tirons parti de cette situation.

Réduction des coûts énergétiques grâce à l’archivage des données

L’introduction de l’archivage continu des données permettra de réaliser rapidement des économies d’énergie, car moins de données à stocker signifie moins d’énergie utilisée. En automatisant le processus d’archivage des données, l’entreprise procède également à une réduction systématique des volumes et de la mémoire, ce qui réduit à nouveau l’empreinte « énergie pour le stockage ». Cela signifie également qu’il faut éviter de passer à une architecture plus grande.

Voici comment cela fonctionne en pratique. L’un des clients de TJC, un brasseur mondial, a pu réduire simultanément les coûts immédiats associés à sa migration vers SAP S/4 HANA, ainsi que son empreinte de stockage de données à long terme et le coût environnemental de la propriété des données – en mettant en œuvre une gestion intelligente des volumes de données. Financièrement, cela a représenté une économie de 1,7 million d’euros et ces économies d’entreprise sont réalisées d’année en année.

Pendant la phase de migration, le client de TJC Group a pu économiser 55 To d’espace de stockage, ce qui équivaut à plus de 60 % des coûts énergétiques totaux associés au stockage et à la conservation des données.

Gérer durablement les systèmes existants

Un autre aspect important de la durabilité du stockage des données est l’arrêt des systèmes historiques (dits « legacy »). Pour les utilisateurs de SAP ECC, cela va de pair avec la migration vers le cloud, mais c’est une opération complexe qui nécessite une planification minutieuse. Il peut être tentant de ne rien faire et de maintenir un système existant, mais le coût est élevé, tant d’un point de vue environnemental que financier.

Selon IDC, jusqu’à 70 % du budget informatique d’une entreprise est gaspillé pour des activités anciennes et mécaniques. Cet argent ne serait-il pas mieux dépensé dans des projets de transformation numérique ?

Lors de la mise hors service de systèmes existants, il convient de soigneusement se demander si les données à mettre hors service devront être consultées à l’avenir. Les exigences de conformité réglementaire – comme les déclaration fiscales en ligne type e-invoicing et les rapports fiscaux ad hoc – pourraient impliquer que certaines données doivent rester accessibles.

Cela soulève d’autres questions. Comment une organisation peut-elle arrêter ses systèmes historiques en toute sécurité ? Comment peut-on conserver l’accès aux anciennes données si elles sont nécessaires ultérieurement ? TJC a les réponses avec ELSA (Enterprise Legacy System Application), une solution d’arrêts de systèmes legacy certifiée SAP. Disponible en tant que solution dans le cloud par l’intermédiaire de SAP BTP ou sur site (on-premise), cette solution logicielle efficace et facile à utiliser permet à tout utilisateur d’avoir un accès immédiat et autonome aux informations historiques, sans avoir besoin d’une formation spécifique pour utiliser ELSA. Pour en savoir plus sur ELSA comme solution d’arrêt de systèmes.

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Le mot de la fin

En ce début 2023, il est clair qu’indépendamment de l’incertitude économique, la durabilité doit être un sujet crucial pour chaque organisation. Tout produit ou service a un impact sur l’environnement d’une manière ou d’une autre et prendre des mesures pour réduire les déchets à tous les niveaux doit devenir un engagement mondial.

Sources d’information: